Singapour a relevé vendredi sa prévision de croissance économique pour 2025 après une expansion plus forte que prévu au troisième trimestre. Les autorités ont toutefois averti que la croissance devrait ralentir en 2026 en raison de l’impact des tarifs américains sur la demande mondiale.
Le ministère du Commerce et de l’Industrie a révisé sa prévision de croissance du PIB pour 2025 à environ 4%, contre une estimation précédente comprise entre 1,5% et 2,5%. Cette révision à la hausse reflète principalement la performance plus robuste observée entre juillet et septembre.
Selon le ministère, les conditions économiques mondiales se sont révélées plus résilientes que prévu, soutenues par une demande plus solide de la part des principaux partenaires commerciaux, une hausse des exportations de semi-conducteurs liée au boom de l’intelligence artificielle, et un apaisement des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine.
L’économie a progressé de 4,2% sur un an au troisième trimestre, après une croissance de 4,7% au deuxième trimestre. Ce résultat dépasse à la fois l’estimation avancée de 2,9% établie par le gouvernement et la prévision de 4% des économistes, malgré des vents contraires persistants sur le commerce mondial.
Pour 2026, les autorités s’attendent à une croissance du PIB comprise entre 1% et 3%, reflet d’un environnement extérieur plus modéré.
En rythme trimestriel corrigé des variations saisonnières, le PIB a augmenté de 2,4%, contre 1,7% au deuxième trimestre.
La croissance du troisième trimestre a été principalement soutenue par le secteur manufacturier et la demande d’exportations. La production électronique a augmenté de 6,1%, portée par la demande pour des semi-conducteurs et serveurs liés à l’IA. Le ministère estime que la demande pour ces produits devrait continuer à soutenir les secteurs manufacturier et du commerce de gros sur le reste de l’année.
Sur les neuf premiers mois de 2025, l’économie a progressé de 4,3% par rapport à la même période de l’année précédente.
Malgré cette résilience, les autorités ont averti que les perspectives pour 2026 restent incertaines. La croissance de la plupart des partenaires commerciaux clés de Singapour devrait être inférieure à celle de 2025, car l’impact des tarifs américains deviendra plus marqué.
Les exportations de Singapour vers les États-Unis sont soumises à un tarif de base de 10%, un niveau inférieur à celui imposé à certains voisins d’Asie du Sud Est. Toutefois, des droits sectoriels, notamment un tarif de 100% sur les médicaments de marque actuellement suspendu, restent une source importante d’inquiétude.
Le Premier ministre Lawrence Wong a souligné le manque de clarté concernant l’application de ces tarifs sectoriels, notant que les discussions commerciales avec Washington n’en sont qu’à un stade très précoce. L’application du tarif pharmaceutique a été retardée afin de permettre aux entreprises de négocier des exemptions.
Au troisième trimestre, les exportations nationales hors pétrole ont reculé de 3,3% après une hausse de 7% au deuxième trimestre, en raison d’une baisse des médicaments et produits pétrochimiques. Les expéditions vers les États-Unis ont chuté de 30,7%.
En octobre, les exportations ont rebondi, augmentant de 22,2% sur un an, soutenues par l’or non monétaire et les produits électroniques. Les expéditions vers les États-Unis ont diminué de 12,5% sur la même période.
Les analystes s’attendent à ce que l’Autorité monétaire de Singapour maintienne sa politique inchangée lors de sa prochaine réunion en janvier, la dynamique de croissance restant globalement intacte. La banque centrale a conservé sa politique lors de sa dernière revue en octobre, citant la stabilité de l’activité économique et une inflation modérée.
L’inflation des prix à la consommation a augmenté de 0,7% en septembre sur un an, en ligne avec l’estimation de la banque centrale de 0,5% à 1%.